mercredi 20 mars 2013

Compte-rendu de mandat
















Conformément aux engagements de campagne pris lors des élections sénatoriales de 2011, j'ai effectué lundi dernier à Bondy un compte-rendu de mandat en compagnie de  Gilbert Roger et d'Aline Archimbaud afin de pouvoir présenter mes principales actions depuis mon élection et échanger avec les habitants et élus de Seine-Saint-Denis.Merci aux nombreux participants de cette soirée importante pour la démocratie.




vendredi 15 février 2013

Loi visant à préparer la transition vers un système énergétique sobre

Mon intervention lors du débat au Sénat


" Monsieur le président, madame la ministre, mes chers collègues, dans ce débat, l'arbre ne doit pas cacher la forêt. Les discussions difficiles – passionnelles et passionnées, comme l'a dit Jean-Jacques Mirassou – sur le bonus-malus ne doivent pas cacher un aspect tout aussi important de la proposition de loi : l'extension des tarifs sociaux. En effet, la précarité énergétique est une souffrance sociale trop répandue, qui risque de miner notre société. C'est sur ce sujet que je souhaite intervenir.
Vous le savez, la précarité énergétique est l'état dans lequel se trouvent les foyers qui consacrent plus de 10 % de leur budget à leurs dépenses d'énergie. La situation est si grave que la Fondation Abbé-Pierre a lancé en 2012 un manifeste intitulé : « En finir avec la précarité énergétique ! ». Elle demandait même la mise en place d'un véritable « bouclier énergétique ». Les mesures prévues par la présente proposition de loi vont dans ce sens.
Ce même manifeste montrait en outre que le fait de se chauffer n'est pas seulement un élément de confort, c'est aussi un élément de santé. Il a été calculé qu'un euro investi pour permettre à un logement d'être chauffé entraînait 0,42 euro d'économie sur les dépenses de santé. Madame la ministre, vous donnerez donc satisfaction à votre collègue chargée de la santé, qui ne pourra que se réjouir de cette inflexion des dépenses de santé.
Une autre institution a lancé un cri d'alarme : le médiateur national de l'énergie, qui a vu le nombre de ses saisines augmenter de 14 % en 2011. Il a été saisi 8 044 fois dans l'année, soit, si j'ai bien calculé, plus de 21 fois par jour en moyenne !
Le nombre de dossiers liés à des difficultés de paiement représentait 15 % des saisines en 2011, et cette proportion est passée à 19 % en 2012. Quant à la dette moyenne, elle n'est pas négligeable puisqu'elle s'élève à 2 266 euros pour le premier semestre 2012.
Et nous nous souvenons tous que les tarifs réglementés de l'électricité ont augmenté de 8 % en deux ans, de 2010 à 2012. Quant à ceux du gaz, ils ont crû de 25 % !
Tout le monde est touché, bien sûr, mais la situation est particulièrement dramatique pour les foyers monoparentaux, les retraités qui ont de faibles pensions – malheureusement, ils sont nombreux – et les titulaires des minima sociaux, notamment les personnes en fin de droits.
À cet instant, je me permettrai d'ouvrir une parenthèse très « séquano-dionysienne », à la suite de ce que j'ai entendu ce matin : je n'aimerais pas que les ouvriers d'Aulnay-sous-Bois se retrouvent bientôt dans la longue cohorte de ceux qui souffrent de précarité énergétique.
M. Jean-François Husson. Mais il y en a combien d'autres ! C'est pourquoi il était indispensable de proposer ce texte, qui, je le répète, répond à une urgence sociale
Certes, les tarifs de première nécessité ont été instaurés en 2005. Ils permettent d'obtenir une réduction de 90 euros en moyenne par an et, depuis 2008, le tarif spécial de solidarité du gaz permet de réduire de près de 156 euros la facture des personnes en grande difficulté.
Il y a aussi eu une étape importante, madame la ministre, avec l'arrêté du 26 décembre 2012, lequel a permis que près de 400 000 nouveaux foyers bénéficient de ces tarifs sociaux. Ainsi, les bénéficiaires de l'assurance complémentaire de santé y sont désormais éligibles, en plus des personnes relevant de la CMU. Les personnes ayant des revenus de 35 % supérieurs au plafond peuvent donc bénéficier de ces tarifs, ce qui représente 830 000 personnes supplémentaires. Comme vous nous l'avez dit, madame la ministre, il s'agit d'une amélioration concrète du pouvoir d'achat.
Mes chers collègues, aujourd'hui, il faut aller plus loin en votant cette proposition de loi, qui va nous permettre de passer de 1 million de foyers éligibles actuellement aux tarifs sociaux à 4 millions de foyers, ce qui représente près de 9 millions de personnes bénéficiaires.
Plus qu'une simple avancée quantitative, il y a là, me semble-t-il, un véritable saut qualitatif, qui s'inscrit dans une politique de la solidarité véritablement différente.
Je voudrais aborder également le sujet de la trêve hivernale. Les familles privées de chauffage en hiver vivent un drame absolu. Et quand je parle de drame, je ne force pas le trait : nous avons tous en mémoire des morts causées par des incendies ou des asphyxies liés à des chauffages de fortune tout à fait inappropriés.
L'article 8 du texte vise à étendre cette trêve à tous les usagers.
À ce sujet, je voudrais répondre plus particulièrement à notre collègue Jean-Claude Lenoir en usant d'un parallèle : il existe une autre trêve hivernale, pour les expulsions locatives ; elle n'est pas liée non plus à un niveau de revenus puisque tous les locataires sont susceptibles d'en bénéficier. Or ce dispositif est aujourd'hui accepté par tout le monde.
Si l'on présentait ce dispositif comme vous avez présenté la trêve dans le domaine de l'énergie, monsieur Lenoir, c'est-à-dire en disant qu'il existe en France une loi permettant à tous les locataires de ne pas payer leur loyer pendant tout l'hiver, ce serait manifestement exagéré. Monsieur Lenoir, faites donc attention à ne pas présenter les choses de façon, je ne dirai pas spécieuse, mais un peu orientée !
Un Français sur dix, soit 6,5 millions de personnes, a souffert du froid durant l'hiver.
Le droit en vigueur prévoit que, du 1er novembre au 15 mars, les fournisseurs d'électricité, de chaleur, de gaz ne peuvent procéder à l'interruption de la fourniture d'énergie dans une résidence principale pour non-paiement des factures.
Monsieur le rapporteur, je me réjouis des précisions que vous nous avez apportées sur le fournisseur de dernier recours, car il est à craindre que certains opérateurs, à l'approche du mois de novembre, ne résilient les contrats par anticipation.
Il est donc absolument nécessaire –je me félicite que vous l'ayez annoncé – qu'un opérateur, EDF en l'occurrence, si j'ai bien compris, puisse jouer ce rôle.
 Mes chers collègues, je le répète, les discussions autour du titre Ier ne doivent pas faire perdre de vue l'importance et l'urgence du titre II, qui élargit ce dispositif social.
Cette avancée, me semble-t-il, doit transcender les clivages habituels de notre assemblée. La position du médiateur national de l'énergie, qui est neutre, indépendant et compétent, nous montre la voie.
C'est pourquoi, mes chers collègues, je vous invite à voter largement ce titre II, quoi qu'il arrive par ailleurs."


mercredi 16 janvier 2013

Question au Sénat sur la création d'un Pôle Emploi sur le territoire de Clichy-sous-Bois et Montfermeil


SENAT MARDI 15 JANVIER 2013
QUESTION ORALE : « AGENCE PÔLE EMPLOI SUR LE TERRITOIRE DE CLICHY-MONTFERMEIL »
Question n° 220, adressée à M. le ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social.
 M. Claude Dilain:  Monsieur le ministre, je tiens tout d'abord, à travers vous, à féliciter le Gouvernement de l'action importante qu'il conduit pour lutter contre le chômage.
Nous savons tous que le chômage n'est pas réparti de façon homogène sur le territoire. M. Sapin a lui-même affirmé avec force que certains quartiers subissaient des taux de chômage très supérieurs à la moyenne nationale. Ainsi, quand ce taux s'élevait à 16,5 % en Seine-Saint-Denis en 2009, il était de 22,3 % à Clichy-sous-Bois.
Dans ce contexte tendu, il est donc nécessaire de se donner les moyens d'une lutte plus efficace.
Les villes de Clichy-sous-Bois et de Montfermeil, réunies en intercommunalité, réclament depuis longtemps l'installation d'une agence Pôle emploi sur leur territoire, car le taux de chômage dans ces agglomérations est quasiment le double des taux nationaux. Pourtant, ni l'une ni l'autre ne compte d'agence Pôle emploi.
Certaines villes de la Seine-Saint-Denis disposent de telles agences alors que – et tant mieux ! – le taux de chômage y est inférieur à celui qui est constaté à Clichy-Montfermeil. La création d'une agence était prévue à Clichy-sous-Bois, mais aucune suite n'a été donnée à ce projet, malgré des promesses constantes et la mise à disposition de locaux adaptés. La demande a été réitérée lors de l'élaboration du contrat urbain de cohésion sociale expérimental signé par le préfet, mais est, là encore, restée sans suite.
Le 6 décembre 2012, lors du débat sur la politique de la ville ici même, M. François Lamy a affirmé que chaque quartier prioritaire de la politique de la ville disposerait d'une agence Pôle emploi, en accord avec les conventions passées avec chaque ministère. Il l'a réaffirmé la semaine dernière, lors de la cérémonie des vœux à Clichy-sous-Bois, en présence de M. Olivier Klein, maire de Clichy-sous-Bois.
Il est important, d'une part, d'assurer l'égalité des services publics, en particulier dans le domaine de l'emploi, et, d'autre part, de territorialiser les politiques de l'emploi afin de les rendre plus efficaces.
Peut-on enfin rassurer la population de Clichy-sous-Bois et de Montfermeil, qui se sent abandonnée dans ce domaine, comme d'ailleurs dans d'autres, en annonçant la création d'une agence Pôle emploi à Clichy-Montfermeil et en la réalisant ?
Réponse de M. Thierry Repentin, ministre délégué auprès du ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social, chargé de la formation professionnelle et de l'apprentissage. Monsieur le sénateur, je vous prie tout d'abord de bien vouloir excuser l'absence de Michel Sapin, qui est retenu auprès du Premier ministre au sujet du projet de loi portant création du contrat de génération, lequel sera débattu cet après-midi à l'Assemblée nationale, avant d'être examiné dans cet hémicycle prochainement.
La bataille pour l'emploi est une priorité absolue et toutes les énergies sont mobilisées pour atteindre l'objectif fixé par le Président de la République de retournement de la courbe du chômage à la fin de l'année 2013.
Cette bataille se mène avec des mesures d'urgences – les emplois d'avenir votés ici même voilà quelques semaines, le Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l'emploi, le contrat de génération –, mais aussi avec des mesures structurelles, telles que la sécurisation de l'emploi et les moyens consacrés à Pôle emploi.
Aussi, pour améliorer la qualité et l'offre de services, le Gouvernement a décidé de mettre en place un accompagnement renforcé des personnes en recherche d'emploi : 2 000 équivalents temps plein seront redéployés d'ici 2014 vers l'accompagnement renforcé, comme le prévoit la convention tripartite ; 2 000 recrutements supplémentaires, en contrat à durée indéterminée, complèteront ce dispositif. Priorité sera donnée dans une partie de ces recrutements aux titulaires d'un contrat à durée déterminée au sein de Pôle emploi.
Ce sont ainsi près de 4 000 agents, au contact direct des demandeurs d'emploi les plus en difficulté, qui assureront le succès de la nouvelle offre de services. Cet effort est très significatif : il représente un accroissement de près de 30 % des moyens humains déployés sur le terrain.
Face aux demandeurs d'emploi, il faut des offres d'emploi. Ces offres dépendent des entreprises, et leur collecte dépend de la capacité à bien comprendre les besoins de ces entreprises. Pour cela, Pôle Emploi a besoin de proximité. Son action doit donc être mieux ancrée territorialement. Pôle Emploi doit savoir adapter ses dispositifs, partager son expertise avec l'ensemble des acteurs, notamment les élus, et les partenaires présents.
Monsieur le sénateur, la Seine-Saint-Denis est le département francilien qui compte aujourd'hui le plus grand nombre d'agences Pôle emploi, ce qui est bien normal, compte tenu des problématiques propres à ce territoire. Sur les 4 000 postes qui seront créés, près d'une cinquantaine seront affectés à votre département. Cela permettra de répondre à ce qui inspire votre demande, vous qui souhaitez que l'on rapproche le service public de l'emploi des demandeurs d'emploi.
Les demandeurs d'emploi de la commune de Clichy-sous-Bois sont, pour l'heure, rattachés à l'agence Pôle emploi unifiée de Livry-Gargan, de même que ceux de Vaujours et de Coubron.
Le nombre de demandeurs d'emploi des communes de Livry-Gargan et de Clichy-sous-Bois est assez comparable, mais l'activité économique est nettement plus importante sur le territoire de Livry-Gargan.
Afin de mettre en relation offres et demandes d'emploi, cette implantation historique paraît cohérente avec la réflexion menée à l'échelle du bassin d'emploi. C'est dans ce cadre qu'est étudiée votre demande de création d'une agence à Clichy-sous-Bois.
Il s'agit visiblement d'un dossier de longue haleine, nécessitant une grande force de persuasion – vous n'en manquez pas, monsieur le sénateur – et de nombreuses discussions interministérielles.
Pour ma part, je me rapprocherai de nouveau de M. François Lamy, ministre chargé de la ville, au sujet de cette question.

Réponse de M. Claude Dilain. 
Je vous remercie de ces bonnes nouvelles, monsieur le ministre.
Permettez-moi cependant de revenir sur les chiffres. Je n'ai pas le sentiment que les taux de chômage de Livry-Gargan et de Clichy-sous-Bois soient comparables. Selon l'INSEE, le taux de chômage à Livry-Gargan s'établit à 9,8 %, contre 22,3 % à Clichy-sous-Bois.
Par ailleurs, monsieur le ministre, la création d'une agence Pôle emploi dans la communauté d'agglomération de Clichy-Montfermeil aurait une très forte valeur symbolique. En effet, cette population se sent abandonnée, et il me semble tout à fait nécessaire de prendre en compte cette dimension de la situation.
En faisant preuve d'un peu d'humour noir, je dirais que, malgré sa proximité géographique, la ville de Livry-Gargan est très difficile d'accès et le restera, d'ailleurs, tant que le tramway, qui a été promis, ne sera pas en service. Mais je ne doute pas, monsieur le ministre, que vous serez à nos côté!