mercredi 16 janvier 2013

Question au Sénat sur la création d'un Pôle Emploi sur le territoire de Clichy-sous-Bois et Montfermeil


SENAT MARDI 15 JANVIER 2013
QUESTION ORALE : « AGENCE PÔLE EMPLOI SUR LE TERRITOIRE DE CLICHY-MONTFERMEIL »
Question n° 220, adressée à M. le ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social.
 M. Claude Dilain:  Monsieur le ministre, je tiens tout d'abord, à travers vous, à féliciter le Gouvernement de l'action importante qu'il conduit pour lutter contre le chômage.
Nous savons tous que le chômage n'est pas réparti de façon homogène sur le territoire. M. Sapin a lui-même affirmé avec force que certains quartiers subissaient des taux de chômage très supérieurs à la moyenne nationale. Ainsi, quand ce taux s'élevait à 16,5 % en Seine-Saint-Denis en 2009, il était de 22,3 % à Clichy-sous-Bois.
Dans ce contexte tendu, il est donc nécessaire de se donner les moyens d'une lutte plus efficace.
Les villes de Clichy-sous-Bois et de Montfermeil, réunies en intercommunalité, réclament depuis longtemps l'installation d'une agence Pôle emploi sur leur territoire, car le taux de chômage dans ces agglomérations est quasiment le double des taux nationaux. Pourtant, ni l'une ni l'autre ne compte d'agence Pôle emploi.
Certaines villes de la Seine-Saint-Denis disposent de telles agences alors que – et tant mieux ! – le taux de chômage y est inférieur à celui qui est constaté à Clichy-Montfermeil. La création d'une agence était prévue à Clichy-sous-Bois, mais aucune suite n'a été donnée à ce projet, malgré des promesses constantes et la mise à disposition de locaux adaptés. La demande a été réitérée lors de l'élaboration du contrat urbain de cohésion sociale expérimental signé par le préfet, mais est, là encore, restée sans suite.
Le 6 décembre 2012, lors du débat sur la politique de la ville ici même, M. François Lamy a affirmé que chaque quartier prioritaire de la politique de la ville disposerait d'une agence Pôle emploi, en accord avec les conventions passées avec chaque ministère. Il l'a réaffirmé la semaine dernière, lors de la cérémonie des vœux à Clichy-sous-Bois, en présence de M. Olivier Klein, maire de Clichy-sous-Bois.
Il est important, d'une part, d'assurer l'égalité des services publics, en particulier dans le domaine de l'emploi, et, d'autre part, de territorialiser les politiques de l'emploi afin de les rendre plus efficaces.
Peut-on enfin rassurer la population de Clichy-sous-Bois et de Montfermeil, qui se sent abandonnée dans ce domaine, comme d'ailleurs dans d'autres, en annonçant la création d'une agence Pôle emploi à Clichy-Montfermeil et en la réalisant ?
Réponse de M. Thierry Repentin, ministre délégué auprès du ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social, chargé de la formation professionnelle et de l'apprentissage. Monsieur le sénateur, je vous prie tout d'abord de bien vouloir excuser l'absence de Michel Sapin, qui est retenu auprès du Premier ministre au sujet du projet de loi portant création du contrat de génération, lequel sera débattu cet après-midi à l'Assemblée nationale, avant d'être examiné dans cet hémicycle prochainement.
La bataille pour l'emploi est une priorité absolue et toutes les énergies sont mobilisées pour atteindre l'objectif fixé par le Président de la République de retournement de la courbe du chômage à la fin de l'année 2013.
Cette bataille se mène avec des mesures d'urgences – les emplois d'avenir votés ici même voilà quelques semaines, le Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l'emploi, le contrat de génération –, mais aussi avec des mesures structurelles, telles que la sécurisation de l'emploi et les moyens consacrés à Pôle emploi.
Aussi, pour améliorer la qualité et l'offre de services, le Gouvernement a décidé de mettre en place un accompagnement renforcé des personnes en recherche d'emploi : 2 000 équivalents temps plein seront redéployés d'ici 2014 vers l'accompagnement renforcé, comme le prévoit la convention tripartite ; 2 000 recrutements supplémentaires, en contrat à durée indéterminée, complèteront ce dispositif. Priorité sera donnée dans une partie de ces recrutements aux titulaires d'un contrat à durée déterminée au sein de Pôle emploi.
Ce sont ainsi près de 4 000 agents, au contact direct des demandeurs d'emploi les plus en difficulté, qui assureront le succès de la nouvelle offre de services. Cet effort est très significatif : il représente un accroissement de près de 30 % des moyens humains déployés sur le terrain.
Face aux demandeurs d'emploi, il faut des offres d'emploi. Ces offres dépendent des entreprises, et leur collecte dépend de la capacité à bien comprendre les besoins de ces entreprises. Pour cela, Pôle Emploi a besoin de proximité. Son action doit donc être mieux ancrée territorialement. Pôle Emploi doit savoir adapter ses dispositifs, partager son expertise avec l'ensemble des acteurs, notamment les élus, et les partenaires présents.
Monsieur le sénateur, la Seine-Saint-Denis est le département francilien qui compte aujourd'hui le plus grand nombre d'agences Pôle emploi, ce qui est bien normal, compte tenu des problématiques propres à ce territoire. Sur les 4 000 postes qui seront créés, près d'une cinquantaine seront affectés à votre département. Cela permettra de répondre à ce qui inspire votre demande, vous qui souhaitez que l'on rapproche le service public de l'emploi des demandeurs d'emploi.
Les demandeurs d'emploi de la commune de Clichy-sous-Bois sont, pour l'heure, rattachés à l'agence Pôle emploi unifiée de Livry-Gargan, de même que ceux de Vaujours et de Coubron.
Le nombre de demandeurs d'emploi des communes de Livry-Gargan et de Clichy-sous-Bois est assez comparable, mais l'activité économique est nettement plus importante sur le territoire de Livry-Gargan.
Afin de mettre en relation offres et demandes d'emploi, cette implantation historique paraît cohérente avec la réflexion menée à l'échelle du bassin d'emploi. C'est dans ce cadre qu'est étudiée votre demande de création d'une agence à Clichy-sous-Bois.
Il s'agit visiblement d'un dossier de longue haleine, nécessitant une grande force de persuasion – vous n'en manquez pas, monsieur le sénateur – et de nombreuses discussions interministérielles.
Pour ma part, je me rapprocherai de nouveau de M. François Lamy, ministre chargé de la ville, au sujet de cette question.

Réponse de M. Claude Dilain. 
Je vous remercie de ces bonnes nouvelles, monsieur le ministre.
Permettez-moi cependant de revenir sur les chiffres. Je n'ai pas le sentiment que les taux de chômage de Livry-Gargan et de Clichy-sous-Bois soient comparables. Selon l'INSEE, le taux de chômage à Livry-Gargan s'établit à 9,8 %, contre 22,3 % à Clichy-sous-Bois.
Par ailleurs, monsieur le ministre, la création d'une agence Pôle emploi dans la communauté d'agglomération de Clichy-Montfermeil aurait une très forte valeur symbolique. En effet, cette population se sent abandonnée, et il me semble tout à fait nécessaire de prendre en compte cette dimension de la situation.
En faisant preuve d'un peu d'humour noir, je dirais que, malgré sa proximité géographique, la ville de Livry-Gargan est très difficile d'accès et le restera, d'ailleurs, tant que le tramway, qui a été promis, ne sera pas en service. Mais je ne doute pas, monsieur le ministre, que vous serez à nos côté!


mercredi 19 décembre 2012

Matinale France Bleue IDF

J'étais jeudi dernier, l'invité politique de la matinale de France Bleue Ile-de-France.
Pour réécouter l'émission:
Cliquez ici

mardi 18 décembre 2012

Vision du Grand Paris



S’occuper de l’avenir de notre région dite « Paris métropole » est urgent. En effet, le statut quo ne peut plus durer. Nous ne pouvons rester à regarder avec tant d’indécision notre métropole évoluer sans gouvernance, sans stratégie, sans vision globale de développement.
La situation de la métropole francilienne est intolérable à plusieurs titres. Tout d’abord, bien qu’étant l’une des plus riches de l’Union européenne, c’est une région qui présente des territoires de forte pauvreté. 
Ensuite, elle crée de grandes inégalités qui l’empêchent de trouver la place qu’elle mérite. Enfin, cette situation est intolérable car nous n’arrivons pas à régler le problème par manque de volontarisme politique.


Je comprends les discours de ceux qui ne souhaitent pas parler de la gouvernance avant le projet, mais en abordant le sujet de cette façon rien n’avance. Le syndicat mixte d’études Paris métropole ne semble pas être parvenu à trouver un consensus sur ces questions, c’est donc le moment de parler de réforme institutionnelle.
Avec mon rapport sur le droit au logement opposable, je me suis aperçu que la loi « Dalo » est appliquée quasiment partout de manière correcte, sauf en Ile-de-France.
Les raisons de ce dysfonctionnement sont diverses : le décalage entre l’offre et la demande, bien sûr, mais aussi une très mauvaise gouvernance du logement social dans la région.
Il n’existe pas de synergie, ni même de cohérence entre les nombreux acteurs du logement social. Cette faiblesse est directement en rapport avec l’absence de gouvernance politique de la métropole. 
C’est pourquoi la réforme institutionnelle devient une priorité. On bute depuis des années sur le fameux débat :


  • conserver le statu quo actuel, c’est impensable ;
  • organiser ce territoire de façon concentrique autour de Paris en reconstituant le département de la Seine ;
  • organiser un polycentrisme en créant de grandes intercommunalités, mais les élus ont du mal à le faire de façon solidaire.
Tous les problèmes auxquels ce territoire est confronté ne peuvent se régler qu’à l’échelle régionale. C’est la raison pour laquelle, quel que soit le mode d’organisation de la zone dense, je suis plutôt favorable au polycentrisme. 
Il faudra mettre en place un pouvoir fédérateur à l’échelle de la région.

vendredi 14 décembre 2012

Question Crible sur l'Hebergement d'urgence


Question crible du 13 décembre

Madame la ministre

Lors de la conférence nationale contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale vous avez travaillé avec les associations sur la question de l’hébergement d’urgence et d’accès au logement.

Les mesures prises à l’issue de cette conférence vont dans le bon sens ;
C’est un très bon début.
 Cela marque même un retour symbolique à la notion de vraie solidarité en rompant avec ces discours inacceptable avec l’assistanat
 qui prévalait les 5 dernières années.

J’insisterai Madame le Ministre sur la localisation de ces hébergements d’urgence :

Bien-sûr nous constatons qu’en même temps que la pauvreté augmente elle se territorialise entrainant certains territoires dans la spécialisation de la pauvreté et de l’exclusion.

Tout en répondant aux besoins de cette population il ne faudrait pas que la stratégie des lieux d’implantation renforce cette fracture territoriale.

On peut regretter par exemple que le Samu social de Paris transporte les personnes sans-abris dans des hôtels de la Seine-Saint-Denis dans des lieux très éloignés et déjà très paupérisés.

Cette pratique trop fréquente entraîne évidement une augmentation des dépenses sociale dans ces villes, pauvres, où la demande sociale déjà est très importante.

C’est pourquoi Mme la ministre je souhaiterai savoir quelles sont les réformes structurelles que vous envisagez ?



Question d'actualités au Sénat jeudi 6 décembre


Question d’actualité
Précarité


Monsieur le Premier Ministre,
Le 11 février 1987, il y a 25 ans, Joseph Wresinski fait adopter par le Conseil Economique et Social un rapport intitulé « Grande pauvreté et précarité économique et sociale ».



En 2011, le rapport de l’ONPES – l’Observatoire National de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale – constatait que plus de 11 millions de personnes en France étaient touchées par la pauvreté ou l’exclusion, et que la pauvreté sous toutes ses formes n’a cessé d’  augmenté.
Parmi les personnes les plus vulnérables, il y a les familles monoparentales, les jeunes et les femmes âgées.  L'observatoire constate aussi, que "disposer d'un emploi n'est plus une condition suffisante pour franchir le seuil de pauvreté", tant l'emploi s'est raréfié et précarisé (chômage, CDD, intérim, temps partiel).
La Commission européenne définit et mesure trois critères : la "pauvreté monétaire", "les privations matérielles sévères" et la "très faible intensité de travail ». 700.000 personnes cumulaient ces trois indicateurs en 2009.



Monsieur le Premier Ministre, lors de la préparation de la conférence contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale des 10 et 11 décembre prochains, vous avez affirmé que vous alliez dégager « une enveloppe de 50 millions sur les budgets des ministères » qui seront répartis entre les crédits de la veille sociale, de l’hébergement d’urgence et de la prise en charge des demandeurs d’asile ».



L’objectif de votre gouvernement est bien de réduire les inégalités et d’éviter que des hommes et des femmes ne tombent dans une précarité dramatique pour eux-mêmes et pour notre pays.

Alors Monsieur le Premier Ministre, pourriez-vous nous dire quelles mesures votre gouvernement compte prendre en urgence d’abord et quelles actions les ministres qui participeront aux ateliers de cette conférence avec le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE)  envisagent-ils de prendre pour réduire ces situations sur le long terme ?